12h30 // Chapelle Saint-Jean

Sophie Agnel piano.

Sophie Agnel

Née à Paris en 1964

Formation

Parallèlement à des cours particuliers de piano classique avec Claire Caillard et Michèle Scharapan, elle étudie l’harmonie et le solfège au conservatoire du X0e arrondissement de Paris jusqu’en supérieur.
Élève de l’ENDM de Yerres de 85 à 89, elle suit des cours de jazz et d’improvisation avec Manuel et Patricio Villarroel. Pendant cette période,elle a participé à plusieurs stages avec notamment Georges Russel, Dave Liebmann. En 89, elle devient étudiante à Paris VIII en musicologie pendant deux ans.

Pédagogie et actions artistiques

Tout en commençant à se produire sur scène dans différentes formations (trio jazz, groupe afro-cubain, chanson française…), elle s ’intéresse à la pédagogie et enseigne dans différentes structures pendant plus de quinze ans : professeur de piano à l’IACP, de synthétiseur au conservatoire de Ris Orangis, de piano jazz à Trappes, de piano classique à la maison populaire de Montreuil…

Habitant dans le Tarn entre 94 et 96, elle y a enseigné le piano, la formation musicale (conservatoire de Moissac, Cordes-sur-Ciel, Carmaux) et a ouvert un atelier d’improvisation à l’école de musique vivante de Toulouse, travaillant pendant deux ans avec une dizaine de musiciens amateurs sur l’improvisation collective, expérience renouvelée aux Instants Chavirés dans le cadre d’ateliers d’improvisation. Depuis, elle anime régulièrement des ateliers de pratique collective, avec des adultes, des enfants ou des adolescents (écoles de musique, lieux de diffusion…) à Poitiers, Le Havre, Vandoeuvre…)

En 96, elle devient membre de l’association Mercoledi & Co avec Guillaume Orti, Thierry Balasse, Gilles Coronado. Ils y organisent des rencontres autour de la danse, du théâtre, de la musique. Toujours avec Guillaume Orti, ils participent en 98 à une résidence à la maison d’arrêt des femmes de Fresnes avec la compagnie de danse Point Virgule et travaillent toute l’année à la mise en place d’un spectacle musique autour de l’improvisation avec une dizaine de détenues.
En 99 naît Topophonie (Thierry Madiot, Hélène Breschand, Théo Jarrier), rassemblant des artistes désirants proposer des échanges à travers des rencontres dans des lieux nomades. Dans un espace-temps différent des lieux de diffusion habituels, ce laboratoire est un lieu de partage, d’observation.
De 92 à 98, elle joue régulièrement en trio avec René Wolf et Gildas Etevenard dans des clubs et festivals (Grenoble, Parthenay, Albi…)
Tout en travaillant régulièrement dans différentes formations, comme le quartet d’Hélène Labarrière (François Corneloup, Mark Sanders), le trio avec G.Orti et Dominique Regef, celui avec Noel Akchoté et Christian Rollet, un projet de piano solo prend forme. (Concerts aux Instants Chavirés, festival de Grenoble, Parthenay, Cluny, Vandoeuvre…)

Petit à petit, travaillant le solo et rencontrant de nouveaux musiciens, son approche du piano va se transformer, cherchant une façon d’étendre la pratique pianistique vers une sorte de piano "extensif", sonore et résonnant, oubliant l’instrument pour découvrir la matière.
En 99-2000, elle est invitée en résidence à Vandoeuvre pour différents projets (enregistrement et concerts) avec notamment Phil Minton, Paul Lovens, Axel Doerner, Thierry Madiot, Hélène Breschand, Michael Nick, Michel Doneda…)

L’année suivante, elle écrit et dirige en collaboration avec Laurent Dailleau une pièce pour l’ensemble de musiciens amateurs "Pagaille" de Nancy.
C’est avec des projets liés à une pratique nouvelle de recherche sonore (comme la rencontre avec Erik M ou le trio avec Jérôme Noetinger et Lionel Marchetti, le duo avec Olivier Benoit) que son activité musicale du moment se construit.

En 2OO2, la naissance de son fils lui donne envie de créer un spectacle pour enfants. Elle réunit Catherine Jauniaux à la voix, Juliette Agnel aux images et Ramona Badescu pour le texte.Ce spectacle intimiste s’appelle « le mouton cachalot ».
Elle joue actuellement régulièrement avec :Jean Pallandre, Fabrice Charles, Olivier Benoit, Daunik Lazro, Alessandro Bosetti, Christine Wodrashka…



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Après quelques années de recherche, le piano de Sophie Agnel s’est stabilisé sur un fil d’une infinie fragilité. Pour preuve, Sophie Agnel passe la plupart de ses concerts debout, penchée en équilibriste sur les entrailles de son instrument, lui triturant les cordes pour qu’il crache jusqu’à la dernière goutte de son. Ce corps à corps, elle en maîtrise les moindres recoins et le transfigure en un art intransigeant et subtil.
Et puis parfois, au milieu de ces textures abstraites, une note. Pure. Comme pour donner l’échelle, la profondeur de champ et la mesure d’un univers sans concession mais dont la beauté est omniprésente. Il faut certes perdre quelques a priori sur ce que c’est que « jouer du piano » et accepter que le clavier n’en soit qu’une partie émergée. Ce n’est pas si compliqué et une fois ce petit effort accompli, le monde qui s’ouvre est sidérant.
Les frottements de cordes, les résonances, les effleurements des étouffoirs, évoquent un paysage musical où le temps suit un déroulement bien singulier et où l’espace est rempli de sonorités inouïes. Un voyage passionnant dans le piano moderne.

2007
 
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