Au cours des joyeuses années de l’« après-Mai », il fut une figure importante (voire essentielle) de la jazzosphère en tant que catalyseur, agitateur, théoricien, militant, inventeur de nouvelles fusions, instigateur du premier disque de free jazz en France en 1965 et surtout comme formidable empêcheur de jazzer en rond. Aujourd’hui, à 64 ans, François Tusques revient — sans surenchère ni démonstration — aux valeurs essentielles et éternelles : le blues, Billie, le swing, Monk etc., même si une manière de révolte continue d’innerver sa musique. Après avoir présenté récemment un superbe « Portrait en bleu de la dame de... » (C’est une dame/Qui vit en banlieue.../Dans une zone plutôt déshéritée.../Beaucoup de chômage.../Et qui se demande qui elle est/Et pourquoi elle est là), le camarade Tusques nous revient au sein de ce trio en forme de mini big band constitué d’admirateurs fidèles (l’arpenteur clarinettiste Denis Colin et le drummer jamaïquain Noël McGhee), il reste fidèle à ses principes esthétiques, poétiques et politiques : « favoriser l’épanouissement des individualités dans un cadre le plus unitaire possible — à la recherche d’une grande forme ».
Nostalgie…

2002
 
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