2ème concert / 27 août 2002 / Noumatrouff

Arpenter : parcourir le monde à grands pas, à grandes enjambées, mais aussi jalonner une ligne (mélodique), marquer (le tempo), dresser des parallèles et des perpendiculaires (contre-chant, contrepoint)… A la croisée des musiques savantes, traditionnelles et du jazz, sous les courants d’airs et d’accents venus du sud et de l’est (l’Orient et l’Europe centrale ne sont pas loin), oscillant entre les raffinements d’une écriture soignée et la nécessaire vitalité de l’improvisation, les Arpenteurs développent une musique charnelle et audacieuse — que Denis Colin qualifie d’ « exercice quasi chamanique » — qui, faisant fi de toute orthodoxie, musarde avec une liberté rigoureuse vers des délicieux rêves d’ailleurs. En douceur la plupart du temps, en rythme aussi mais sans hâte excessive, les instrumentistes de ce quintet à l’instrumentation singulière prennent un malin plaisir à nous désorienter sans nous perdre et sollicitent chez l’auditeur la part de rêve qui s’y trouve, sans motifs agressifs et sans rien céder pourtant à l’actualité. Une ballade de charme et de décision, la douce utopie des soli sauvages faits pour habiter les villes.

2002
 
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