Pour Vincent Courtois, leader de différents trios et sideman remarqué (auprès de Louis Sclavis, Rabi Abou Khalil, François Corneloup, Didier Levallet…), le jazz est une affaire de couleurs. Son échelle chromatique crée des correspondances. Pour chacune des nuances, il a « monté » un groupe différent, son trio « Rouge » laissant la primauté au chant et aux saveurs méridionales. Forgée à l’art joyeux de la tarentelle et autre « canti popolari », Lucilla Galeazzi (qui a longtemps travaillé avec la grande Giovanna Marini) déploie une technique ébouriffante, sachant distiller sans forcer l’intensité et la chair d’une chanson, la dimension épique d’un récit. On a pu l’applaudir à Mulhouse en 1994 au sein du groupe Il Trillo (avec Carlo Rizzo). Ses compagnons de gala, le maestro Michel Godard au tuba et au serpent, et Vincent Courtois lui-même, sont à leur habitude d’une élégance absolue. Le ressort est tendu d’un bout à l’autre de cette conversation caressante, ténébreuse et ensoleillée.

2004
 
© Mulhouse Music Festival - Accès privé
Site réalisé par Antipole & Fiat Lux Production