18h00 // Noumatrouff

Matthew Bourne est peu connu en France. Avec à peine une trentaine d’années, il pourrait pourtant bien être l’un des personnages phares du renouveau du jazz britannique. Pianiste de jazz, c’est sûr, il tient la barre de plusieurs formations un peu trop rapidement classées au rang de l’électro-jazz. Il a étudié Cage, Feldman et Saariaho et joue comme Cecil Taylor, Paul Bley et Keith Tippett réunis… En solo, avec une oreille et une intelligence remarquables, son discours est tendu de bout en bout et ce "solo de piano" si rabâché, prend sous ses doigts et à l’aide d’un sampler une fraîcheur insoupçonnée. C’est qu’en réalité, il devient lui même un sampler, pratiquant un zapping stylistique effréné qu’il nourrit d’un choix de samples électroniques (Ligeti, Godard, Kurosawa) aussi pertinents qu’inattendus. En résumé, Matthew Bourne est un musicien qui n’a peur ni de la modernité ni de la beauté de sa musique et qui, comme s’il n’arrivait pas à choisir entre ses différentes sources d’inspiration, a décidé de tout mettre ensemble dans ce qu’il convient d’appeler un solo marathonien.

2006
 
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