A l’exception notable du batteur Daniel Humair (exilé à Paris), du pianiste George Gruntz (installé à Berlin) ou de la pianiste Irène Schweizer (présente au sein de nombreux groupes internationaux), les jazzmen vivant en Suisse sont rarement reconnus à leur juste valeur à l’extérieur. Le compositeur et multi-instrumentiste genevois Maurice Magnoni est de ceux-là. A son avantage aux côtés d’Humair, de Michel Portal, d’Enrico Rava, de Carla Bley ou de Jack DeJohnette, cent fois il aurait eu l’occasion de « percer » et « faire carrière ». Ici en compagnie de trois autres éléments capitaux de la scène créative du jazz helvétique, il propose un jeu équilibré de contrastes entre sons purs et torturés dans un contexte sonore très tendu, augmenté des adjonctions électroniques de ses comparses qui engendrent des espaces violemment saturés. Au ténor, à la flûte ou au baryton, Magnoni dispense la force tranquille d’une sonorité généreuse et naturellement lyrique doublée d’un sens de la construction et de la progression, au profit d’une musique de groupe mordante et presque désespérée.
2002
 
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