A part ceux qui l’utilisent en dilettante pour « doubler » ou pour colorer une section, rares sont aujourd’hui les véritables (sinon exclusifs) saxophonistes baryton (l’Anglais John Surman, le Finlandais Pepa Päivinen, le Français Daunik Lazro, l’Américain Tim Berne…). Parmi eux, l’intègre François Corneloup déploie une sonorité pleine, profonde et développe un phrasé tumultueux, tour à tour passionné ou pondéré. C’est un soliste infatigable, au jeu lyrique et généreux, qui sait tempérer les énergies par un sens aigu de la structure et de la dynamique. Depuis ses années de « déniaisement » au sein de la Compagnie Lubat, après avoir créé en 1996 un trio inventif et fécond (avec Tchamitchian et Echampard), il vient de monter ce nouveau quartet qu’outre-Atlantique on qualifierait sans hésiter de all-stars. Des compositions suaves et capiteuses, ancrées dans la complexité des rythmes — entre décontraction veloutée et martèlement funky —, un goût immodéré du chant, une volonté irrépressible de contrôler en permanence outrances et débordements, tout en suscitant les orages…
2002
 
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