On aurait très bien pu croiser leur musique pince-sans-rire dans les recoins d’une bande son imaginaire pour Freaks, le Troisième Homme ou M. le Maudit. Là où se côtoient la femme à barbe et l’homme à la tête de chien, les boulevards inondés de lumière et de clameurs, les barbes à papa et les pommes d’amour, mais aussi les ruelles, les coins sombres, les coupe-gorge, les tripots. D’ailleurs, les quatre musiciens de Katz s’expriment dans d’autres contextes tout aussi interlopes et mystérieux : la Friture Moderne, le Tigre des Platanes, les Maîtres Corbeaux, Generik Vapeur... Leur musique est à l’image de ces lieux de magie bon marché, Luna Parks, dédales de baraques foraines, carrefours où se mêlent prostituées en larmes, voyageurs en décalage, fêtards en goguette, peuples en dérive. Elle invoque les démons de la vieille Europe et de ses confins, Vienne, Budapest, Salonique, Istanbul et rend des hommages irrespectueux à de multiples facettes de notre culture, la
" grande " et la " mineure ", mêlées sans ménagement. La joie et la fureur s’entrechoquent, décadentes sont leurs valses, grinçantes leurs chansons hurlées ou susurrées. Mélodies déchirantes, improvisations sans retour.
2003
 
© Mulhouse Music Festival - Accès privé
Site réalisé par Antipole & Fiat Lux Production