18:00 / 27 août 2004 / Noumatrouff

Rares sont les intrépides dans le jazz à oser rompre le triangle magique, à se passer de ce pivot harmonique essentiel qu’est la contrebasse et de toute la kyrielle de vagues et de résonances qu’elle suscite dans le trio. On pense à Misha Mengelberg et Han Bennink, à Alex Schlippenbach et Sven Åke Johansson, à Fred Van Hove et Ivo Vander Borght, à Irène Schweizer et Pierre Favre, voire à Russ Freeman et Shelly Manne en 1954. Ensemble, Christine Wodrascka et Ramon Lopez inventent avec force et générosité des paysages fascinants, tour à tour traversés d’une énergie sombre ou d’une mystérieuse intériorité. Dans leur univers poétique, le percuteur et le mélodiste ne sont pas (le plus souvent) celle ou celui que l’on croit. Face à la frénésie des caisses et des cymbales de l’un, l’autre impose la plénitude d’une syntaxe épanouie et libre au clavier ou directement sur les cordes, ainsi que l’expressivité de petites cellules percussives rythmées par une fougue et une sensibilité exceptionnelles. Et tous deux réinventent sans cesse une dialectique subtile sur le fil du rasoir.
2004
 
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