21:00 / 23 août 2004 / Noumatrouff

Bruno Chevillon contrebasse, Michel Portal clarinette, Louis Sclavis clarinette, Daniel Humair batterie.

Bruno Chevillon

Contrebassiste français, né en 1959.
Bruno Chevillon a suivi une double formation puisqu’il sort diplômé des Beaux Arts en 1983 où il étudie la photographie, et pratique parallèlement la contrebasse classique auprès de Joseph Fabre au conservatoire d’Avignon. Il fait ses débuts dans le jazz en suivant la classe d’André Jaume, fait partie du GRIM, puis intègre le collectif Lyonnais l’ARFI où il fera une rencontre déterminante : celle de Louis Sclavis. Il sera par la suite associé à une grande partie des projets du clarinettiste.
Outre sa longue collaboration avec Sclavis, il joue avec les principaux musiciens du jazz moderne et des musiques improvisées françaises : Marc Ducret, Claude Barthélémy, Stéphan Oliva, François Corneloup, François Raulin, Laurent Dehors...
Essentiellement sideman, Bruno Chevillon s’épanouit toutefois aussi en solo, notamment dans un spectacle intitulé "Pier Paolo Pasolini ou la rage sublime". On le retrouve également aux côtés du chorégraphe Christian Rizzo sur certaines productions de la compagnie "L’association fragile".

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sources : wikipédia



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Daniel Humair

Daniel Humair a eu son premier contact avec le tambour au sein d’une fanfare genevoise à l’âge de 7 ans. Dès 14 ans, il se passionne pour le Jazz New Orléans et fait partie de plusieurs formations amateurs, puis découvre rapidement le jazz moderne, et devient musicien professionnel après avoir remporté le premier prix dans trois catégories au Festival amateur de Zürich en 1955. Il passe ensuite quelques années en Suisse, Belgique, Suède et Allemagne.
Autodidacte, il acquiert, au sein de formations diverses, le métier indispensable à l’exercice périlleux de la musique improvisée de groupe. En 1958, il décide de venir tenter sa chance à Paris – capitale du Jazz européen et travaille

immédiatement avec des artistes légendaires comme Don Byas, Lucky Thompson, Kenny Dorham, Bud Powell, Oscar Petitford, Chet Baker ou Eric Dolphy. En fait, il serait plus facile de citer les musiciens avec lesquels Daniel Humair n’a pas joué, car à l’exception de Miles Davis ou Sonny Rollins, il a cotoyé la plupart des jazzmen des trente dernières années.

En 1959, Daniel Humair commence une longue collaboration avec Martial Solal, joue très souvent avec Pierre Michelot, René Urtreger, Barney Wilen, Michel Hausser, Stéphane Grappelli, dans le fameux Club Saint Germain et rencontre tous les grands du jazz de passage à Paris. Dans les années soixante, Daniel Humair forme un trio avec le violoniste Jean-Luc Ponty et l’organiste Eddy Louiss. Ils enregistrent au club le Caméléon, deux disques, réédités récemment. Il accompagne les Swingle Singers pendant deux ans, puis participe à la célèbre formation de Phil Woods : European Rhythm Machine. Ses activités sur la scène internationale lui permettent d’être nommé Drummer Deserving Wider Recognition par le Down Beat International Critics Poll en 1970.
Pendant quelques années, Daniel Humair joue et enregistre en Free Lance avec des musiciens tels que Jim Hall, Lee Konitz, Art Farmer, Joe Henderson, Dexter Gordon, Franco Ambrosetti, Georges Gruntz, Johnny Griffin, Herbie Mann, Anthony Braxton, Hampton Hakwes, etc., avant de former un trio avec François Jeanneau et Henri Texier. Ce groupe est considéré comme l’un des catalyseurs du nouveau Jazz Français. Tout en continuant sa carrière de free lance, Daniel Humair forme en coleader avec Joachim Kuhn et Jean-François Jenny Clark, un trio qui lui permit de développer pleinement sa conception de la batterie moderne et son activité de compositeur. Il joue également en trio avec Michel Portal, Richard Galliano, Jerry Bergonzi ou David Liebman.Daniel Humair a eu l’occasion de se produire dans la plupart des grands festivals de jazz tels que Newport, Monterey, Paris, Berlin, Montreux, Chicago, Barcelone, Nice, Antibes, etc.

Parallèlement à sa carrière musicale, Daniel Humair poursuit une intense activité de peintre. De tendance expressionniste abstraite, sa peinture est présentée par plusieurs galeries internationales et peut être vue dans de nombreuses collections publiques ou privées. Son intérêt pour les rapports entre les arts visuels et la musique lui a permis de participer à l’enregistrement de nombreuses musiques de films ou de télévision en tant que compositeur ou soliste. Il est aussi l’auteur d’une méthode de batterie publiée aux éditions Leduc. Les graphismes utilisés dans cette méthode sont le fruit du travail de Daniel Humair en tant qu’enseignant pendant une dizaine d’annnées.

Certainement l’un des piliers du Jazz Moderne en Europe. Il participe à la scène du Jazz International depuis la fin des années 50 et toutes ces années consacrées à la musique improvisée lui ont valu d’être officiellement récompensé par une nomination au grade de Chevalier, puis Officier des Arts et des Lettres par le gouvernement français, cela en 1986 et en 1992. En 1987, il obtient le Grand Prix du Jazz décerné par la Sacem, le Prix Charlie Parker de l’Académie du Disque, et le Prix In Honorem de l’Académie Charles Cros pour l’ensemble de sa carrière. Elu Musicien Européen de l’année 97 par l’Académie du Jazz. En 2000, il obtient les Victoires de la Musique pour le trio Hum. En 2003, son album Baby Boom, quintet avec Christophe Monniot, Manu Codjia, Matthieu Donarier et Sébastien Boisseau, reçoit les éloges de la critique.



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Au-delà de leur similarité instrumentale et de la convergence de leurs parcours (malgré quelques différences notoires de background), régulièrement saluées et récompensées par l’ensemble de la profession de la musique, ces deux personnalités singulières et inclassables du champ musical partagent la même curiosité et générosité à l’intérieur de ce qu’il faut bien continuer à appeler le jazz. L’existence d’un tel quartette de poids lourds, qui se soucie comme d’une guigne des mesquineries égotistes et narcissiques, et sa présence dans un « petit » festival indépendant — fût-il un membre émérite et historique de la tentaculaire Afijma — est le signe réjouissant que tout n’est pas perdu ici-bas. La dernière fois où Michel est venu se produire au festival de Mulhouse, il était l’hôte de l’Azur Quartet en 1994. Louis en est quant à lui un invité quasi permanent qui vient régulièrement y présenter ses nouveaux projets. Est-il besoin de préciser que l’association de Bruno Chevillon et Daniel Humair constitue l’une des sections rythmiques les plus excitantes de la jazzosphère ?
2004
 
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