17:30 - 1er concert - Friche D.M.C.

Même si on l’a assez peu remarquée à Mulhouse, l’agitation qui anima pendant ce début de millénaire le milieu des musiques improvisées avait pour centre la question du minimalisme. Qu’on l’ait appelé comme cela ou qu’on lui ait préféré les termes de réductionnisme ou de lower case, ce "courant" est allé au bout du bout dans le peu, le presque rien, le "à peine".
Chacun sait qu’on n’est jamais pionnier qu’après coup… et c’est donc assez récemment que les jeunes musiciens (les Japonais Taku Sugimoto et Taku Unami ou l’agitateur basque Mattin) ont cherché sa compagnie sur scène comme sur disque. Radu Malfatti avait commencé dans les bruyantes années 70 sur les scènes allemandes et britanniques et n’a jamais lâché le morceau.
Cette musique fut d’abord taxée d’intellectualisme (une insulte paraît-il), puis de morosité, d’ennui (tout aussi méprisant), de facilité, etc. Pourtant, il n’y a guère plus simple à écouter : aucun code, pas vraiment de langage à maîtriser, ni réellement de culture à avoir. Simplement une grande confiance, des oreilles grandes ouvertes et une écoute aiguë (mais qui peut se permettre d’être flottante comme aurait dit l’Autre). Avec cette attitude s’ouvre un monde de sensations subtiles, une rumeur devient accessible et vient se loger au creux de la musique qui persiste, résiste et nous livre au détour l’extrême délicatesse de sa poésie.
2010
 
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